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Tito Topin, blog-trotteur.

Les virus, coronas et consorts, m'emmerdent.

Les virus, coronas et consorts, m'emmerdent. A ma décharge, je dirais que je n'apprécie que ce que je vois, entends, sens, goûte, touche. La nature ne m'a pas doté de cinq sens pour des prunes. A quoi ressemblent-ils, ces virus, quel goût ont-ils ? On les dit ronds, ou ovales, mais sont-ils mous, durs, gazeux, griffus, plats, gras ? Au cours de ma vie, j'en ai expectoré, mouché, craché, vomi, pissé en veux-tu en voilà et plus encore, mais vu les yeux dans les yeux, ouï toute oreille, tâté entre deux doigts, jamais. Pour me débarrasser de cet emmerdeur, on m'a promis un vaccin que j'attends comme le messie. Le messie, puisqu'il vient sur le tapis, parlons-en. C'est la promesse jamais tenue d'une autre entité invisible, insipide, sourde, inodore, impalpable. Dieu. Quoique ressemblant comme deux gouttes de chloroquine au corona, lui est prié, honoré, cathédralisé, vaticanisé, cachérisé, hallalisé. On s'agenouille devant lui, on se prosterne, on se zizitronçonne, on s'allakbarbouille, on s'arékrichenouille, on bouffe des rondelles ceci est mon corps, on boit de la piquette cela est mon sang, on se flagelle, on jeûne, on ne baise pas, on se lamente devant un mur, on se processionne en chantant "Allez Loulou, yeah !". En vain. On ne le voit toujours pas. Et pas d'odeur, pas de goût, pas de son. Alors qu'il est partout, prétendent ses idolâtres. Il n'y a pas pire danger que d'être partout, autrement dit n'importe où. Une nuit de lune montante, j'ai fait un cauchemar. Je roule pleins phares à deux cents à l'heure sur une départementale des Vosges, en hiver. Soudain un choc sourd sur la carrosserie. La Porsche fait une embardée. Pédale de freins. Crissement. Tête à queue. Enfin, je parviens à m'arrêter contre un congère et je gicle de la voiture. Une odeur effrayante de caoutchouc brûlé me prend à la gorge. Je ne vois rien ni personne lorsqu'un lointain gémissement traverse la couche de neige, à mes pieds. Je m'accroupis, l'oreille droite collée au bitume. J'entends une voix grave : " Bastardis, ego te expectabo in cælis", ce qui se peut se traduire par : "S'pèce de fils de put', j't'attends au tournant". Et puis le silence. Là, je me suis réveillé en nage. J'ai allumé la télé sur une chaîne d'infos. Il n'était aucunement question d'un chauffard coupable d'avoir aplati Dieu sur une départementale des Vosges. Par contre, le virus, lui, était en pleine forme. Il est partout, affirmait un ponte à moustaches en ajustant sa casquette. J'espère que je ne vais pas lui rentrer dans le lard. Bref, il m'emmerde.

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ann menuhin 17/11/2020 19:15

Cher Tito, Je suis une amie de Francis Rousseau.. Heureusement il a eu le bon sens de me diriger vers votre blog. Je viens de lire le blog sur le corona...enfin quelqu'un qui voit plus loin que leur masque!. Quel plaisir et quel réconfort! Merci, Ann