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Tito Topin, blog-trotteur.

LE MIEL DE JIM MORRISON.

Le sujet de la première semaine de septembre, encore bruissante de la démission de Nicolas Hulot, sera l'arbre. Rien n'est plus désordonné qu'un arbre. Ça va comme je te pousse, n'importe comment. Le résultat est désolant. En hiver, il se couche sur les rails, il crève le toit des maisons, aplatit les automobiles. En été, ses racines soulèvent les trottoirs, ses branches obstruent la vue, il déborde sur les routes et les chemins. Au printemps il vous balance ses pollens dans le nez. Mon voisin, un jeune trentenaire, se détourne quand il en voit un, me confiait-il l'autre soir dans son jardinet entièrement bétonné. Ce n'est pas suffisant. Sa prudence ne le met pas à l'abri des allergies que transmettent les bétulacées, cupressacées, oléacées, platanacées, fagacées, salicacées, pinacées, vitacées, ulmacées, taxacées, éricacées, anarcadiacées, moracées, buxacées, caprifoliacées, tiliacées, arialacées, rhamnacées, juglandacées, sapindacées, mimosoïdées, pour ne parler que des principaux arbres. Des études récentes démontrent que leurs allergies affectent désormais les animaux, particulièrement les orignaux, les dromadaires du M'zab et les ânes du Poitou, dotés de gros nez. Leur sang est contaminé, les taons n'en veulent plus. Il a été prouvé que le chant du coq est en réalité une toux matinale, provoquée par un asthme chronique. Le mal s'étend jusqu'aux oiseaux, le rossignol croasse, la tourterelle meugle, le dindon au glougloutement d'ordinaire si élégant, grommelle. Les insectes ne sont pas épargnés, la cymbalisation (le chant) de la cigale est plus rauque qu'elle ne l'était du temps de Pagnol, il suffit de relire ses textes pour s'en convaincre. On voit de plus en plus d'abeilles qui préfèrent butiner les fleurs en plastique, le risque d'éternuer s'en trouvant diminué. D'autres colonisent les bouquets de fleurs en céramique qui agrémentent les tombes de nos cimetières. C'est ainsi que le journal "La Provence" nous apprend qu'un apiculteur de Rochegude, monsieur Augustin Rebuffet, a eu l'idée le printemps dernier d'installer ses ruches au Père-Lachaise, à Paris, tout près de la tombe de Jim Morrison. Aujourd'hui récolté, mis en pot, son miel a un goût de marbre frais, la couleur d'un angelot au sortir du bain. Les New Yorkais en sont fous, ils s'en emplissent les narines à la cuillère. Monsieur Trump menace de le taxer.

 

© Tito Topin

www.titotopin.com

 

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