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Tito Topin, blog-trotteur.

PLUS BELLE LA VIE.

Après un week-end au soleil, à Hyères, le sujet de la semaine sera l'air du bord de mer. Il est irrespirable. La faute en incombe à ces bateaux de croisière qui sont si beaux dans les publicités. À Marseille, comme à Venise ou à Barcelone, une seule de ces villes flottantes pollue autant qu'un million de voitures, nous informe la télévision, mais un million de voitures a son utilité. On a besoin d'ambulances, de bus, de voitures de pompiers, de cars scolaires, de taxis, d'auto-tamponneuses, de décapotables, de camions, de fourgonnettes, de limousines pour les mariages, de tractions pour les truands, de corbillards pour les scoumounards. On n'a nullement besoin de paquebots, l'avion existe.
À quai, les moteurs de ces monstres marins ne s'arrêtent pas, ils tournent pour faire des glaçons, climatiser les cabines, chauffer les piscines, rafraîchir le rosé, réchauffer les pizzas, faire de grosses vagues pour les surfeurs en chambre, balancer de la variétoche dans les haut-parleurs, secouer l'Orangina, masser les obèses. De grosses volutes de dioxyde de carbone, de soufre, d'azote, de silicium et de particules fines s'échappent en permanence des hautes cheminées. L'équivalent des usines de charbon du Wyoming, des mines de lignite en Allemagne et de toute la flotte d'Aeroflot.
Tandis que débarquent à quai des grappes ininterrompues de passagers du cinquième âge, ventrus, fessus, repus, qui ne veulent voir de Marseille que la boutique de "Plus belle la vie" pour repartir avec un porte-clés ou un t-shirt avec le portrait d'une héroïne de la série, les Méridionaux toussotent, la Bonne Mère crachouille, la Canebière éternue, l'OM encaisse 3 buts contre Lille, les Belges pleurent sur le quai qui porte leur nom, les Asiatiques mettent des masques qui leur donnent l'air de chirurgiens pressés de visiter des organes importants, les cagoles fangoulent, les truands kalachent en se bouchant le nez, les fatches de con calanchent, les fadas s'affolent et les Amerloques tètent des bières au goulot en rôtant, fiers d'avoir déchiré les accords de Paris, et ils font leur rotôtô, arreu, arreu, arreu, en parlant avec le nez sous leurs Stetson de cow-boys d'opérette. Sur le Vieux-Port, c'est Total Khéops, s'écrie Izzo en dégainant un polar. Akhénaton hipope en se frappant la poitrine. Zidane file un coup de boule à un Italien en maillot de bain. Marius et César réclament du mistral en se couvrant le visage avec la robe à fleurs de Fanny qui n'en a pourtant pas comme vous le diront les boulistes. C'est la faute aux dioxydes. Le poulpe roux, la rascasse et le mérou s'enfuient au large. Craignant de les voir rappliquer sur ses côtes, Donald Trump déploie des barbelés sur les plages.
 

© Tito Topin

www.titotopin.com

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