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Tito Topin, blog-trotteur.

Dieu m'emmerde.

Dieu m'emmerde. De quel droit cette chose impalpable déciderait que le whiskey irlandais que je bois au comptoir du Monde d'Avant, le bar du coin, serait le dernier de ma vie ? Hop, hop, un joli infarctus et je m'écroule au bas de mon tabouret s'il lui en prend l'envie. Pourquoi accepte-t-on pareil diktat ? Comment en est-on arrivé à vénérer une entité gazeuse inodore, insipide, impossible à mettre en bouteille comme le sont les gaz disciplinés et de surcroît acoquiné à son propre fils et à un saint esprit qu'on ne sait pas d'où il sort, çui-là? Un triumviral. Le gaz en chef, le fils du gaz et le gazier. Le fils du gaz est charnu, il nous accueille les bras ouverts et il multiplie les sardines (comme si les sardines avaient besoin de lui pour se multiplier) et on peut aussi le bouffer tout cru. Ceci est sa chair, dit l'ensoutané en nous filant sur la langue une chose sèche qui ressemble à un clito de carmélite. Et nous, pauvres crétins, on se prosterne dans des édifices hideux et froids édifiés à sa gloire tandis qu'il est seul à décider si j'aurai un sixième whiskey ou une attaque cérébrale. Par chance, les bars et les bordels échappent à sa vigilance, c'est grâce à cela que je peux m'exprimer à haute voix au comptoir du Monde d'Avant (Billard à l'étage. On peut apporter son manger) devant une flopée de consommateurs indifférents, telle cette nana avec des grands pieds de chameau et un gros nez à faire pâlir de jalousie celui d'Achille Talon, et le maigrelet là, devant son bock de bière, les épaules en bouteille de bourgogne, le crâne funeste, le regard vide, la moustache à envahir la Pologne, flanqué de ses deux fillettes, blondasses, le cheveu filasse, l'œil bovin, le menton lourd, l'expression Marine. Ils feraient mieux d'aller manifester, le poing levé vers le ciel, pour que le gaz en chef nous refile la vie éternelle, mais pas une vie éternelle gazeuse comme la sienne, non messieurs dames, une vie éternelle où on s'aime, où on mange gras et où on boit sec, où on se marre, où on chahute, où on chante, où on danse la valse à trois temps, la vie à mille temps. Chauffe, Marcel ! Mais non, ils ne bougent pas, ils préfèrent crever. D'un coup, ou bien à petit feu. Si c'est Dieu qui les a créés, ces agenouillés du dimanche, moi je lui retire sa majuscule. dieu. Garçon, un autre, s'il vous plaît !

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