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Tito Topin, blog-trotteur.

Brasserie du Théâtre XLIX.

J'ai un besoin physique de voir la mer. C'est vital chez moi. Installé au bord de l'océan ou sur un port de la Méditerranée, je regarde le sillage que font les bateaux sur la surface de l'eau jusqu'à ce que la dernière écume disparaisse et ça suffit à mon bonheur. Quand ce n'est pas possible, je me contente d'un lac ou bien je m'assois au bord du Rhône et je regarde passer les péniches. J'ai droit quelquefois à un canard. Ça m'apaise. À défaut, quand je suis invité dans un festival de polar, au centre de la France, loin d'une rivière, dans la chambre d'un hôtel Terminus avec papier peint aux murs, reproduction de l'Angélus de Millet et vue sur la gare de triage, je remplis d'eau la baignoire et je fais des vagues avec la main en chantant Charles Trenet. J'ai longtemps cherché la signification de ce besoin. Toujours en vain. Mon psy prétend que je vis encore dans le liquide amniotique de ma mère. Je n'y crois pas. Je n'ai jamais aperçu de bateau ni de canard durant mon séjour dans son ventre. En revanche, il y en a, des beaux navires, des mouettes et des canards dans les documentaires aquatiques d'Arte. Je confesse que je trépigne de bonheur en apprenant l'influence des marées sur le comportement sexuel des anchois, en assistant à un débat sur la vie sociale des pilchards avant leur mise en boîte et si, par chance, une baleine jaillit de l'eau devant moi, je reçois des paquets d'eau sur mon fauteuil, ébloui par le monstre, enivré par l'odeur des embruns. Après quoi, généralement, je repose la bouteille de whisky et vais me coucher, tanguant et roulant.

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L
J'adore ce dernier billet.
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